Lyme du point de vue ophtalmologique

L’article après des généralités sur la maladie de Lyme présente 3 cas atypiques de personnes positives à la maladie de Lyme ayant développé des symptômes occulaires sur lesquels on trouve peu d’informations http://www.em-consulte.com/en/article/112971

Cas n° 1 : Une femme de 45 ans se présenta aux urgences ophtalmologiques pour une douleur oculaire à l’œil droit, associée à une baisse de l’acuité visuelle de cet œil depuis 24 heures. L’examen de la lampe à fente de l’œil droit mettait en évidence la présence de précipités rétrodescemétiques de petite taille en « graisse de mouton », un flare de 1 +, un Ty cell 1 + et un Tyndall vitréen antérieur 2 +. Une aplanation de 16 mmHg était notée aux 2 yeux. Au fond d’œil, à droite, étaient observés un décollement postérieur du vitré, la présence d’« œufs de fourmi » au niveau de la partie inférieure de la base du vitré, ainsi que des « snowbanking » au niveau de la pars plana inférieure ; il n’y avait pas d’atteinte maculaire ni de signes de vasculite au niveau de la périphérie rétinienne et la papille est normale. Il s’agissait donc d’une uvéite intermédiaire granulomateuse de l’œil droit. Un traitement classique d’uvéite était instauré et tout un bilan complémentaire immunologique, infectieux et iconographique demandé. À l’issue du bilan étiologique, une maladie de Lyme s’avéra fortement suspecte (IgG + et IgM- en Elisa et Western-Blot). Devant cette hypothèse, un traitement par ceftriaxone 2 g/jour était instauré d’emblée pendant 3 semaines. Une nette amélioration de la symptomatologie non seulement oculaire mais également générale était notée.

cas n° 2 Un jeune patient, âgé de 12 ans, vint aux urgences ophtalmologiques suite à l’apparition d’une diplopie brutale et à la présence de céphalées depuis une semaine non améliorées malgré la prise d’antalgiques. Il n’y avait aucun antécédent particulier. À l’examen ophtalmologique, on trouvait une acuité visuelle de 10/10e aux deux yeux. L’examen à la lampe à fente et le fond d’œil étaient normaux ; une nette limitation de l’abduction de l’œil gauche (paralysie du 6 gauche au lancaster) était notée. Suite à ces constatations, le patient fut adressé au service de Pédiatrie pour des examens complémentaires. Le 1er diagnostic posé était en faveur d’un syndrome méningé fébrile. Le scanner cérébral était normal. Une ponction lombaire montrait une méningite lymphocytaire avec une protéinorachie augmentée et une glycorachie normale (plus spécifique d’une réplication virale). Les autres examens complémentaires ne montraient pas d’anomalies franches. Un bilan infectieux était demandé. Malgré l’institution d’un traitement antipyrétique et anti-inflammatoire au cours des 48 premières heures, la douleur et la diplopie persistaient. Suite au bilan étiologique, l’hypothèse d’une maladie de Lyme (IgG + et IgM- par Elisa et Western-Blot) fut évoquée. Un traitement par amoxicilline IV fut entrepris pendant 3 semaines. Dans un délai de 4 jours, on notait une nette amélioration de la symptomatologie ; les céphalées et la diplopie disparurent.

Cas n° 3 Une femme de 68 ans se presenta à la consultation ophtalmologique pour une diminution d’acuité visuelle bilatérale progressive depuis plusieurs mois, surtout au niveau de l’œil droit. La patiente présentait comme antécédents une hypothyroïdie, une ostéoporose, une hypercholestérolémie et un diabète latent. La patiente était suivie en neurologie pour céphalées depuis 4 ans. À l’examen ophtalmologique, l’acuité visuelle à droite était de 1/10e et à gauche de 5/10e. À la lampe à fente, on remarquait pour les 2 yeux, une cornée transparente et une chambre antérieure calme et profonde. L’aplanation était de 15 mmHg aux 2 yeux. L’examen du fond objectivait un phénomène de Tyndall vitréen 2 + à droite et 1 + à gauche, un œdème maculaire cystoïde avec la présence de grosses logettes de taille supérieure dans l’œil droit. La papille était normale aux niveaux des 2 yeux. On notait la présence d’une zone de vasculite en périphérie de l’œil droit (à 6 heures) avec un aspect d’uvéite intermédiaire bilatérale (OD > OG). Un bilan complet d’uvéite et de vasculite fut donc réalisé et un traitement par Diamox®per os associé à des injections périoculaires de corticoïdes fut instauré. Les IgG ++ et IgM étant positifs vis-à-vis de Borrelia burgdorferi (ELISA confirmé par Western-Blot), une antibiothérapie fut donc prescrite pendant 1 mois (doxycycline 200 mg/jour). Elle se révéla peu efficace sur l’acuité visuelle (surtout à l’œil droit). Bien que l’œdème maculaire cystoïde ait diminué au niveau des 2 yeux, on constatait une persistance de cicatrices maculaires liées à l’œdème chronique.

Cet article a été publié dans articles de presse. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s